Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lignes de partage

6 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Louis Bec

"Lignes de partage" est le récit d'une fiction... L'ordre des images suit métaphoriquement la trame du texte  dont ne sont cités que des extraits.

Cette série appartient au groupe 17 qui rassemble des séries axées sur le voyage réel ou onirique (Autre série du groupe 17 partiellement présente sur ce blog: Lente dérive).

 

Extraits du texte Lignes de partage

Il est des moments où l’on souhaite que tout se condense, que la densité croisse et croisse encore, amalgame les choses, que tout ce qu'on pense, ressent, imagine, toutes ces choses diverses, différentes, qu'on souhaite parfois diverses, toutes ces choses comme autant de messages, d’images rapides qui nous effleurent, nous habitent, nous quittent le long du trajet, ne soient plus qu'un point, un grain de sable aux multiples facettes de miroir, un grain à saisir, à presser pour en respirer, le temps qu'il se consume, la vapeur et le souffre, la noirceur et la transparence, la lourdeur et la légèreté, la piqûre du point, le lieu de l'infini...

....

Je suis ce point, tu en es un autre, et dans la remontée du temps tissé entre nous, je distingue le glacé des choses, la tension qui zèbre l'espace. Je perçois surtout la boîte. Tu sais, cette boîte fermée qui se joue de nous, qui nous tient et gêne notre respiration. Cette boîte où nous sommes, toi, moi, particules élémentaires de nos vies. Avec nos rapprochements, nos frôlements, nos courses, ce rythme qui bât en nous, qui nous a rapproché et nous rapproche encore parfois jusqu'à la limite du possible, de l'impossible, là où toute distance abolie enfante alors seule sans douleur un éloignement dur qui déchire tout et nous laisse séparément et différemment haletants...

...

La route monte toujours vers une température froide. Le froid, la buée entre nous, quelque chose de figé, de solide, un écran translucide dont la lumière vacille. Le ciel ici est d'un ton sombre; le blanc s'est pris dans la glace. Alors je sais, tu sais, c'est comme l'écroulement d'une colonne de verre, aussi bruyant, aussi coupant, aussi crissant. De le voir, de le penser, les mains saignent, le regard saigne, tous les organes saignent, le coeur et le ventre, les poumons saturés par le froid qui les gèle....

 

Lozère, 04/2015.

Lozère, 04/2015.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Angelilie 08/04/2017 18:24

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir

jean-louis bec 09/04/2017 09:36

Merci pour votre commentaire si chaleureux. Cordialement.