Montréal (Canada), 08/1990 arg
un vertical têtu
étire les têtes entre les mains
sentiments sédiments
en grands ensembles flous
à coup de nudité
les cubes élancés
restent le jeu de la vie des hommes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Photographies et textes de Jean-Louis Bec
jlbec@orange.fr
Montréal (Canada), 08/1990 arg
un vertical têtu
étire les têtes entre les mains
sentiments sédiments
en grands ensembles flous
à coup de nudité
les cubes élancés
restent le jeu de la vie des hommes
Montreal (Canada), 11/1989 arg
Il lui arrivait parfois de claquer la porte et de partir dans les rues sans savoir où aller, avec juste en tête le sentiment profond de quitter une partie de lui-même celle faite de brides et de boucles, de mors et de fers.
La ville se déployait devant lui en étoile, comme il en naît souvent lorsqu'un pas trop ferme fissure une plaque de glace trop fragile. Il marchait vite, le plus vite possible; et tout en lui se nourrissait de cette vitesse apparente, le regard, les gestes, le souffle, les pensées. Tout glissait, s'accélérait, tout semblait s'organiser en une énorme sphère, une sphère qui roulait, roulait à travers la ville, se précipitait le long des rues, le longs des murs et des passants, un roulement que son esprit amplifiait et survoltait sans cesse pour atteindre sa plus lointaine limite, la naissance de cette sensation étrange, dérangeante, poignante mais follement attirante, celle qui naît de se trouver soudain seul dans une ville désertée, vidée, abandonnée, avec des rues filant droit vers le néant, des bouts de ports pétrifiés de lumière trouble; une ville peuplée d'absences et de passés perdus.
Ce n'était que parvenu dans les lieux de solitude urbaine qu'il reprenait une apparence humaine. Là où, suivant le moment, se tenait l'hiver ou l'été; en ces endroits où les saisons vivaient sans masque et laissaient s'exprimer leur folle férocité. L'hiver cliquetant d'os, avec sa fausse douceur cotonneuse, ses morsures de sang froid et ses clartés opaques qui vous crachaient à la face; l'été au poing fermé et lourd, balle jaune rebondissant dans la lumière moite ou tournant en rond comme dans une boîte.
Montreal (Canada), 04/1990 arg
sous la couleur du feu
la puissance du coeur
l'essai la décision
la perte des écailles
l'abandon du goudron et le gain de la plume
la tension s'écrit au fil des lignes libres
sur un appel du pied au sol
sur un appel du pied au vol
la voilure tractée comme elle tracte le monde
vers les distances rapprochées
Montréal (Canada), 04/1990 arg
glace sucrée
à la dispersion de l'ombre
d'une ronde d'angles morts
éclot le jour attendu
Montréal (Canada), 05/1990 arg
le froid des yeux
ouverts
son goût de fer
à longueur d'horizon
la recherche des
hommes pages blanches
au fond de leurs étreintes
les dépôts de mémoire
durent
durcissent
résonnants malhabiles
des intérieurs craquants
Pour Anaïs, guerrière et sourire grand soleil
Parc de Font Colombe, Montpellier, 11/2011 num
Parc de Font Colombe, Montpellier, 06/2011
Ile d'Oléron, 04/2007 arg
un long vernis sans ongles
lisse
les rêves cicatrices
de la source
à la voix haute
Finistère, 07/1993 arg
toute courbe
un jour
oublie qu'elle est sourire
lumières à l'envers
grains de ciel
au ressac sans repère
nos êtres cernés
sont le sel cuisant
de nos images mises à sac
Pentrez (Finistère), 08/2008 arg
le corps
le grattement du vide autour
la respiration où s'engouffre la mer
je ne veux pas céder
et m'emporte tout ce qui pourrait être
et parle déjà par ma bouche
quand même serait le passage
en force
le ciel infiltré dans la trace
et tout le tremblement
le temps compte gravement
comme un couteau
tout ce qui naît comme un ventre
la terre
le désir d'en vivre
le jour marcheur
les battements en nage
le début est accord
échappé
d'où s'échappe la chute