vallée du Lez (Hérault)
La toile des étoiles et sa blancheur tendue
collée à ma peau pour y graver un signe
un souffle d'éphémère, un tremblement futur
une fissure pourpre qui roule et déroule
des pans d'écorce nue s'écroulant jusqu'à terre
quand le vert est debout,
ses feulements bien au delà des gorges.
La branche saisie comme on saisit ses os
la main transfigurée par la chair des désirs
c'est dans le crâne-chaudron qu'on puise l'écarlate
à grandes goulées d'herbe aux cent germes affamés.
C'est dans le profond de ses philtres haletants
dans les transes acharnés d'un esprit de vision
que s'approche le coeur
le grand coeur rond et aveuglant
sphérique sourire où se forge le monde.
Par jlb (photographie et texte)
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Vendredi 19 décembre 2008

St Jean-de-Luz (Pyrénées atlantiques)
La chevelure vivait
de ville et vent mêlé,
tag libérateur greffé
tatoué d'insomnie végétale.
Mes doigts glissaient vers elle
lente liane aveugle et serpentine
envol, vertige,
Le pelage vibrant de souffle et d'herbe folle
rendait les paraphes amoureux.
Par Jean-Louis Bec
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Mercredi 17 décembre 2008
Porto (Portugal)
Devant, derrière
l'étonnement explosif, la surprise implosive
le sourire ouvert, fermé
la crainte, la colère, la gêne, l'envie
ou la joie si légère, frémissante.
Devant, derrière
l'instant découvert, l'effleurement du geste
la vibration fragile, le silence éloquent
le clignement de l'oeil, la bouche montrant les dents.
Devant, derrière l'objectif
qui nous atteint, nous tient
nous étreint
tisse imperturbable nos liens ténus
de son regard de loupe.
Par jlb (photographie et texte)
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Dimanche 14 décembre 2008

(Montpellier)
Du front, la terre
des lèvres, la terre
mais l'oeil du ciel
fixe, concentré à l'air libre
sans vie, sans vue
sans vent, s'en va
s'en vient, sans rien
voir, vouloir
savoir, ne sait rien
ne sent rien.
De sa rondeur la terre
de sa chaleur la terre
mais le silence du ciel
si lourd ainsi
si lent, le ciel
si loin, si longtemps
temps assassiné, né
mort-né sans nervure.
De ses mains la terre
demain la terre
sera de boue, à bout
debout, le bout du monde.
Par jlb (photographie et texte)
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La terre buvait le sommeil
la main effilée psalmodiait des légendes de sable
Le vent était serpent le continent carapace
L'animal mordait sous la peau du guerrier
haleine perdue horizon craquelure
futur imaginé en manque de voilure
l'homme nu s'arrachait une à une les ombres
peau d'île assoiffée de bêtes disparues
sur son bouclier tendu la lumière était songe.
Par jlb (photographie et texte)
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