(Montpellier)
Dans les profondeurs fragiles des villes obscures,
leurs tremblements blessés de lèvres déjà closes,
dans le gel où s'époumonnent les désirs égarés
les champs au vécu magnétique,
les naissances arborescentes d'un web effervescent,
nous passions dans leur froideur d'hiver
hommes en végétation, dipôles synthétiques,
mains tendues et sensibles, mégalithes sans bornes
pour d'un geste tendre et pur toujours inachevé,
électriser de flammes les racines du monde.
Par jlb (photographie et texte)
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Dimanche 30 novembre 2008
(Montpellier)
l'ombre tissait les murs en nervures de nuit
ceinture de cosmos, vide pétrifié
les griffes affamées semblaient dire à la fois
les lignes d'horizon le noir des cheveux sombres
le ciel creusé d'écume offerte à tous les vents
je ne connaissais rien des écritures errantes
les nerfs d'asphalte pur encordés
à mes doigts j'étais guitare écervelée
poussière de mes os
quand parfois y tremblait une voix
Par jlb (photographie et texte)
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(Montpellier)
Trépignement machine
Et la peau de la terre se pétrifie en enveloppe de douleur
Acharnement marteau
Et le nerf de la terre éructe son espace
Pas brûlure
Et la voix de la terre n'étreint que des éclats
Fer arme
Et le futur de la terre se vide en blessures
Clou d'acier
Et le coeur de la terre pèse tout l'or de la mort
Par jlb (photographie et texte)
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Porto (Portugal)
Il s'en va
Traînant gauchement son coeur
Dans la mémoire verte de l'herbe.
Le tour de l'île de soi ronge
L'éclat lucide de sa pensée
La racine trop blanche de ses regards.
Sur sa peau, la liberté ricane dans ses fils de soi.
Que... ne rien, que... ne rien
Que devenir, ne rien devenir
Qu'espérer, ne rien espérer
Qu'être, ne rien être
Que... ne rien, où... ne pas
Où aller, ne pas aller
Où s'étendre, ne pas s'étendre
Où se blottir, ne pas se blottir
Il s'en va, disparaît,
Le tunnel de son histoire
Tourne sans fin sa clé en vain.
Par jlb (photographie et texte)
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Mercredi 19 novembre 2008

Montpellier
Deux bulles
Sans calcul
Funambules
Deux plongées
Immergés
Nés en apnée
Deux soleils
Qui veillent
Leur éveil
Par jlb (photographie et texte)
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Palavas-les-Flots
Grains de sable, de mémoire
de tout, de rien,
grains solitaires, grains solidaires;
La main fouille, les doigts cherchent,
l'envie crispée saute en bout de phalange,
l'ongle est attentif, impulsif, incisif.
La pensée? Retournée au profond des empreintes
vers le sommeil emmêlé des restes de lumière froide,
des bouts de néant.
Dans le sable lu, les vestiges nus de l'enfance;
dans le sable éclaté, le terrible du temps
la ruine entre les dents.
Et juste là, entre les grains, dans la souplesse
des frôlements et leur fusion tactile
la vibration mémorielle
en marche vers l'effondrement.
Trous de sable, de mémoire
trous de tout et de plus rien.
Par jlb (photographie et texte)
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Montpellier
L'une après l'autre elles viennent sans mensonge,
ondes souterraines, souveraines, charnelles.
L'une après l'autre elles vivent, pleines, rondes,
l'accouchement écumant à leurs lèvres.
L'une après l'autre elles frappent, mordent, s'infiltrent
tout au coeur, toutes au coeur et l'étreinte se cabre, et le corps se raidit
et le corps obéit et la tête s'incline.
Toutes parlent et divaguent, leur vécu bouillonnant, leur vastes envolées
leur aquatique oubliant tout de la mesure.
Leur intériorité ne laisse rien, jamais.
Vagues, mes vagues, mélancolie, joie, angoisse, vous toutes
qui me laissez exsangue, ombre de moi-même...
Par jlb (photographie et texte)
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