Guerrier sans repos
Fou tempêtant criant à tue-tête
La peur, la perte, la détresse
Heurtées l'une à l'autre pour qu'une étincelle
Enflamme la mort et la rende mortelle

Mots d'eau et d'ombre ancrés dans la chair, encre à la palpitation fluide
L'histoire vivante s'écrit dans la fusion des éléments, de l'autre côté du vide

La joie, la crainte, la fierté, la gêne, l'ennui, l'agressivité, tous les sentiments que faisait naître l'oeil de l'objectif furent moins fascinants et moins
démonstratifs que la curiosité insistante de cet arbre me considérant comme une bête curieuse.

Laverune (Hérault)
Une main douillettement bercée par la terre, cachée dans les profondeurs où se tissent et se chuchotent les secrets essentiels.
Une main patiemment tendue dans les airs à la recherche des fluides cosmiques et des songes du ciel.

L'oeil, sa pulpe aquifère, là où frémit la rétine sous la douce pluie de lumière. C'est dans ces profondeurs qu'elle se cache encore, diffuse, masquée, elle,
l'originelle, la charnelle, la maternelle, toute en luxuriance, souplesse lente et songes verts marbrés; elle, la forêt ancienne, qui subsiste en nous, nous suit, nous veille et ne peut pas nous
quitter.


Auch
Plus haut que les murs noircis
Se découpaient les graffitis.
Les arbres pour nous cracher leur fiel
Ecrivaient à même le ciel.

L'arbre jouait les totems et me considérait de son regard fixe.
Je m'attendais à quelques paroles, quelques mots,
Mais loin de jouer les prolixes,
Il demeura de bois, la tête dure et le cerveau lisse.

Auch
Et ces arbres bêtement alignés, mutilés, défigurés, pétrifiés en chandeliers funèbres, il suffisait d'un regard ou d'un sourire pour qu'ils se mettent à vibrer et à
vivre, pour que perce à nouveau au grand jour ce grain de folie sinueuse qui les rend libres et beaux.

Souvent méconnue, parfois repoussée dans l'ombre
L'herbe persiste et signe à grands traits, en de grandes paraphes sombres.
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