Berlin, 072011 num
la langueur
est une langue d'eau verte
où croisent nos regards
épaisseur d'univers
inutile vitesse
j'ébauche des passages
et des suites aux longs cours
découpes de miroirs
énigmes sans image
l'éloignement
reste un bruit
à base de silence
Berlin, 07/2011 num
tout se déroule comme une liane endormie
Berlin, 07/2011 num
ville limpide
à la paupière close
dans le balancement cyclope
l'évidence du temps
l'essentiel sans visage
où s'engouffrent les choses
une perte parfois
sans connaissance de jour
l'émergence parfois
de la souplesse lente
je garde seul l'empreinte
des images non dites
la nudité vibrante
d'un cérébral filant
Berlin (le mur), 07/2011 num
mur de pierres
tombales
grande bouche en crue de silence
étouffant
d'une pointe sèche de cri
libérez la parole de vos regards
Berlin, 07/2011 num
au ras des yeux
la vibration floutée par le silence
la poussière sur nous
retourne aux pensées
de couleurs immobiles
et puis
rien d'autre
qu'un plus de lèvres fines
à l'espace déçu
et puis
rien d'autre
qu'un sourire bleuté
porté en pendeloques
Berlin, 07/2011 num
gorge dénouée
à la chaleur flottante
une paupière douce
est un ventre d'oiseau
un battement d'altitude
s'ouvre contre la mort
donne-moi
encore
le geste des couleurs
les errances d'élan
et leur quatre pensées
le cerveau caressé
trois points illuminés
Berlin, 07/2011 num
le poids du corps fait incliner la tête
la tête donne tout son poids au corps
le corps a son profil en tête
la tête prend ses idées au corps
le corps s'enferme dans la tête
la tête se boucle sur le corps
le corps est pole nu en tête
la tête sur l'épaule prend corps
Berlin, 07/2011 num
l'immobile lâché
tire à vue sur sa chaîne
les chemins étirés entraînent
dévoilés
nos instants retenus empilés en squelette
d'un vécu hérissé
bousculé loin des bornes
se glisse hors des yeux
le non retour soudain
du futur surchargé où freine le passé
Berlin, 07/2011 num
croiser et décroiser
qui se cache
le gris frisson du noir
le pli frisson d'endroit
au regard qui enchaîne
les mondes effrénés
à un arrêt du temps
chaque éclair est porteur d'infini
Berlin, 07/2011 num
boîte de courants d'air
à cervelle de plumes
les mots ne disent rien
une vive lenteur
souple et voyageuse
fait la roue
devant toute chose
Berlin, 07/2011 num
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