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Articles récents

L'attente des fissures (7)

21 Décembre 2014 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Groupe 11: L'attente des fissures

Montpellier, 02/2013.

Montpellier, 02/2013.

 

Re: Génèse

 

un chant de chromosome

à la mesure libre

rature

avec panache l'étroit de nos cellules

 

le message est direct

il est urgent urgent

prendre le temps dans la mémoire

effacer

voir dessous l'oublié

l'éternité du vert

la force de l'espace

l'imperceptible sens

d'un lent balancement

un vent de feuille

un tremblement de bête

un horizon lâché

en grande ligne droite

sur la rondeur de l'oeil

 

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Sept vies et quelques unes

2 Décembre 2014 , Rédigé par Jean-Louis Bec

La série "Sept vies et quelques unes..." appartient au blog Natures cachées.

Elle est aussi présentée ici, car chaque photographie est accompagnée d'un texte court.

Sept vies et quelques unes
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Le silence traversé

9 Novembre 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 11: Le silence traversé

"Le silence traversé" appartient au groupe 11 qui rassemble des séries traitant des paysages urbains, de leur évolution dans l'espace et dans le temps. Autres séries de ce groupe présentes sur le blog: L'attente des fissures; Morphismes.

Montreal (Canada), 1990.

Montreal (Canada), 1990.

 

C’est un parcours. Une piste qui recueille les pas pour les conduire. Un chemin à suivre où croisent encore des histoires aux longs cours, celles que souffle la ville dans ses images de silence. Un chemin, une trajectoire vive de particules de mémoire aussi, de fragments de vécus, de récits, celui des Hommes qui maintenant ont disparu, tirés poussés dans leur vie par leur vie.

C’est un point de départ, le centre d’un battement. Un cœur aux émissions concentriques. Le centre initiatique et névralgique du trajet. Il se trouve là, né de l’entre-hauteur des bâtisses dans une ombre de ciel. Je sens ses pulsations et me laisse séduire, guider. Je deviens coureur de fond sur ce chemin que la ville a tracé d’elle –même, migrateur du rayon urbain. Les ailes sont dans mes regards, dans mes recherches de signes. Je longe une avenue où se traîne l’ennui, le silence froid de toutes les absences. Des rues, des carrefours, des constructions. La ville se tient là, complexe et tourmentée de recoins, de hauteurs, d’espaces creux. La droiture des lignes n’est que matière grise oubliée. La ville, c’est un cerveau d’Homme. Des strates fusionnées en immeubles souvent trop hauts, en espaces souvent trop grands, une ambition large qui les dépassent, des tentatives et des effondrements, des déserts et des regroupements. La soif de la puissance et le désir contraire d’un lieu de profonde chaleur. La ville, un cerveau dans ses flux, ses artères, ses bonds vers l’avenir, ses cultures passées. Avec ses zones d’ombre pour abriter l’impossible, l’inavouable travail des souterrains trop noirs, la circulation parallèle et boueuse de miasmes qui s’infiltrent. La ville.

Les graines lancées par défi cortical ont cru en cela, ont cru en ces gigantesques façades et étendues sans mesure. Les Hommes ont mis là tout leur être, leur désir, leur crainte et leur destin. Un ensemble construit de pensées articulées de désir et mémoire, de songes et de concepts carrés.

Une ville croissante qui oubliera, peu à peu son origine, les Hommes, la Terre, qui visera le ciel pour elle même, le clair comme le sombre, capturera les étoiles et accouchera de ses nuages. Une ville hors de tout qui avec le temps effacera tout, mangera tout, l’espace et le temps, la chaleur, les Hommes. Un îlot de planète secrétant ses faux soleils et distillant ses véritables ombres. Un inhumain en marche qui se dressera contre les Hommes. Une machine autonome et sans âme. Aux organes broyeurs. Une folie.

 

Je m’avance. Le méridien me guide. D’avenues en immeubles, de rues en quartier entiers, le désert s’étire, endormi et froid. Une peau qui recouvre la ville. Les Hommes sont absents, partis, vaincus. La ville est seule, prédatrice trop vorace, et tourne sur elle-même. Dans ce vertige dicté par le vide, je m’égare, me repère et sombre parfois. Prédatrice... je recueille la cruauté, le massacre, la souffrance, l’enfermement. La vie infernale dans l’ambition des tours, ou les quartiers démunis qui s'étirent. Avec aussi le sentiment qu’un trop plein d’amour possible peut être à l’origine du désert. Ville mangeuse d’Hommes, par la cruauté, l’amour. L’amour.... Je comprends d’instinct la fusion intenable, la dépendance vorace. Ce toujours plus qui stimule, mais qui lamine, gomme, gobe, supprime. La ville, les Hommes les Hommes, la ville. Avec tout au bout, l’exil, l’abandon, la mort aussi.

C’est un néant, un froid solide comme un mur. Centre ville, périphérie, quartier populaire, port... Autant de paysages de la désolation, de l’absence, de la disparition. Je traverse ces lieux avec sur les épaules un ensemble croissant de songes qui descendent des murs. Ils m’appellent, me semble-t-il, s’accrochent à mes vêtements, mes cheveux, pénètrent dans ma tête où ils parlent, parlent, parlent encore, sans arrêt, traînant avec eux une foule d‘images momifiées, rigides et froides. Des fragments figés de mémoire déjà morte, celle des Hommes, ces absents ayant tout laissé derrière eux. Leur poids, leur densité, je les ressens dans mes fibres, dans le filtre qui guide mes regards, mes écoutes.

Là, un îlot d’images fossilisées, tenant haut des murs déjà craquants. Des restes, des vestiges de visions anciennes, de visions humaines, attachées, ancrées.... matériau de la construction, empreinte de vécu. Des restes là aussi. Il me semble saisir un ensemble de sons, tout un crépitement de voix, de cris, de rires... Dans ces cordes vibrantes et aériennes, je devine les silhouettes fantomatiques des personnes un temps présentes. Des images, des sons...

Plus loin la vision kaléidoscopique se précise. La ville parle, l’écoute me précise la construction du féroce inéluctable, la venue du chaos par trop d’ordre, trop de lignes droites. L’erreur des Hommes, hautains dans leur ville trop haute, trop large. Une grandeur qui fait gouffre.

Plus loin, j’entends, je vois. Malgré mes songes pesants je recueille dans un effort douloureux, une tension froide où mes pensées grelottent. Puis une piste nouvelle se dessine. J’entrevois une ville abandonnée, une attente qui craque jusqu’à ses fondations. La ville se voile d’une brume de mélancolie, de regrets et du souhait du retour des Hommes, une ville qui me captive jusqu’à la capture, me projette dans un hors temps, une grande chose douce, glacée, enveloppante, fondamentalement grise.

Plus loin encore des îlots parlent de choses différentes, expriment le désert sur des tons opposés complémentaires. L’amour, La guerre... un dialogue d’Hommes et de ville, d’amants hantés par la séparation possible et l’impossibilité de la réconciliation.

Les scènes se succèdent, développée de lieu en lieu, complémentaires dans leur récit ineffaçable, parfois irréconciliables.

Quand une blancheur trop épaisse gagne cette traversée du silence et m’effleure, je rassemble mes yeux, les images, les sons récoltés. Un bateau m’attend, calme dans le port ensommeillé d’histoires. Son ventre rond est un foyer. Je sais qu’une fois installé, je soufflerai un peu et me tiendrai prêt aussitôt... Pour tenter, par le récit, de reforger l’histoire de la grande ville et des Hommes.

 

 

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Le silence traversé (1)

5 Novembre 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 11: Le silence traversé

Le silence traversé (1)

 

le ciel se creuse

la béance de la ville

s’aveugle de vestiges

 

le temps est d’une transparence épaisse

la cécité dure

les murs se cognent à chaque heure

nudités érigées en recherche d’oiseau

ils attendent

attendent

sonnés par le départ des Hommes

le retour du sensible

ce multiple des voix qui parlent à la rue pleine

 

Toutes les photographies ont été prises à Montréal (Canada), du 09/1989 au 06/1991.

Toutes les photographies ont été prises à Montréal (Canada), du 09/1989 au 06/1991.

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Le silence traversé (2)

2 Novembre 2014 , Rédigé par jean-louis bec Publié dans #Groupe 11: Le silence traversé

Le silence traversé (2)

 

le silence se rassemble en pierres lourdes

enjambe dans le vide

la fourmilière figée d’un regard à facettes

 

 

 

Le silence traversé (2)
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