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Océan boulevard

15 Novembre 2019 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Océan boulevard

Océan boulevard
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Chemin de traverses

6 Novembre 2019 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Chemin de traverses

La série Chemin de traverses appartient au neuvième groupe de séries. Ce groupe s'intéresse à la présence de la Nature dans le milieu urbain et traite en particulier de la recolonisation par la végétation ou autre élément naturel des zones urbaines délaissées. Chemin de traverses s'intéresse ainsi à la présence de l'herbe parmi d'anciens quais de gare. Ceux-ci sont envahis par une végétation rampante et conquérante mais l'herbe, les arbustes, sont toujours prêts, ici, à recéder aux Hommes les lieux investis, comme s'ils avaient simplement en charge de les conserver en attendant leur retour.

Autre série de ce groupe présente sur ce blog: Boulevard océan

Pour avoir une vision complète de la démarche suivie par ce blog, connaître les liens que présentent les différents groupes de séries entre eux et ceux qui le rattachent au blog "Natures cachées", se référer à la page DEMARCHE dans la colonne de droite.

Sète, 2015.

Sète, 2015.

Le quai les voies éteintes

dans ma main une poignée de pur abandon

particules serrées d'effondrements multiples

sang mêlé des couleurs d'images désossées

un craquement un crissement grave de dents usées

je m'avance sans y penser 

le rythme enrayé du quai impose une tension lente de sable lourd

ailleurs le temps passe vite

 

l'abandon tape fort

craquelle la croûte de la terre de longues gerçures sèches

l'oubli craquant croque

ses dents fines aiguillées par l'horloge

l'histoire tombée du quai s'évapore lentement sans s'envoler

je songe avec patience à la décomposition des choses

au tumulte grondant des vies entrecroisées

les hommes leurs idées leurs paroles

leurs travaux en ce lieu

tout ce qui s'est construit de temps empli de temps gorgé de temps

expansion centrifuge du possible

bang de la big industrie

big bang à croissance explosive

maintenant vrac de bâtiments et de vies d'hommes éparpillés

de machine mortes dans leur métal étouffé de poussières

dissémination désirée ou non dans l'espace éclaté

 

arrêt net de toute chose

tout le monde descend

l'abandon monte seul

le site laissé là miroir tumultueux du vide dispersé

du sable endormi roule dans ma main

d'empreinte en empreinte de ligne en ligne

je marche tout en suivant le fer

le craquement minéral de cette presque fin du temps

arrêt

 

avant la grande perte par amenuisement

l'évaporation lente le dessèchement devant lequel tout s'arrête

le temps était présent vif-argent

passé futur au sein de toute chose

dans chaque objet chaque machine chaque rail chaque cailloux

chaque homme chaque effort et cris de gorge du métal et puis...

et puis ce départ cette dislocation

le tout comme un sablier qui se vide perd sa cohérence

chacun de ses grains isolés

dissociation

le temps ce liant constructeur déconstruit toutes choses par son éloignement

 

mais les plantes

les plantes c'est sûr se sont mises en travers de la route du temps

pour le sauver peut-être le tenir le retenir le rassembler

elles ont dissout le temps

gardé le temps

ses courbes ses élancements

chaque feuille tige l'enveloppe

le berce comme sève vivante

pour un jour lui donner tout

en nourricières

ce temps choyé libéré se dressera visible

redeviendra humain

il sera à nouveau le temps des hommes de leur machines de leurs vies qui passeront là

le long des voies dans le roulement rapide des ans

ce temps-là remettra le fer sur ses rails

son éclat neuf affûté agité réfléchi par le minéral mauve du ballast

il soufflera sur la vie parallèle des traverses

comme ça en rassembleur

 

je m'avance

les plantes m'accueillent me tracent un chemin

il y a dans leur promiscuité un parfum chaud de terre

une moiteur essentielle alourdit la gravité de toute chose

elles tissent avec attention

dans une vibration qui enveloppe captive

je m'avance jusqu'au point limite

pour être le point limite l'extrême avancée de l'espace

là où l'herbe passeuse de temps commence son retrait

s'efface peu à peu

le vert est en dissolution

don fait aux ocres aux couleurs métalliques

plus loin les hommes

les moteurs en meutes les roues grandes gourmandes

dents de scie qui coupent en ligne droite

le temps debout sur son espace gonfle de futur et d'amas de traverses

le site de part en part

tremble de gris accouche par le fer

crache ses vieux ossements

poussière dilatée comme un poumon

dans les cris les crissements

les vieux rails sonnant maintenant la charge et la vitesse

le temps humain est à nouveau en marche

le quai cette machine de fer lourd secoue ses rides d'une vision de vérin

le présent est ciment entre les choses

construit à grand bruit

creusements mises en tas

exploration renaturation accélération

l'herbe

réduite à l'ombre de ses racines

connaît le piétinement prévu orchestré

par le don au temps

dans l'ingratitude du temps

 

dans cet ordre posé en tas

je construis une trame

rampe entre les rails les traverses

reptilien dans la souplesse

curieux jusqu'à l'ivresse

je saisis m'empare de cette énergie retrouvée

les sens ont cette faculté de se dissoudre dans les choses

de creuser là où il leur semble être

jusqu'à la fiction d'un futur révélé

glissé entre les rails c'est bien le temps humain que je frôle

son désir de revivre par les travaux des hommes

mon temps humain aussi

mon temps humain

la logique future vrille me joue du cerveau

dans ces faisceaux de rails arrachés replantés dans la terre

c'est mon profil qui se dessine

ma vie qui se montre peut-être telle qu'elle sera

avec ses départs ses précipitations ses aboutissements ses fuites ses manques

ses pointillés persécuteurs

et tout ce vide mauve qui m'environne déjà

le temps humain ce temps humain-là

me poussera à mon tour sur ses rails

coulera ses mécaniques m'imposera sa voie

la reconstruction est en marche

je me vois déjà temps industriel

être-machine lancé dans la course

rattrapé par la course

perdu par la course aussi

ce monde-là bulle active

tambour battant d'un temps croissant par raccourcissement

par compression précipitation

ma respiration courte me fait lorgner

un reste d'herbe morte

le temps

ce temps préservé si longtemps soigné donné

ce temps-là passé au futur proche construira peut-être

sans aucun doute des germes inhumains

reconstruction

 

 

 

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6 Novembre 2019 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Chemin de traverses

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