Démarche

Le blog est bidimensionnel.
Une face photographique avec un profil de mots.

Chaque image est extraite de ma banque d’images. Chaque image est choisie. Doublement choisie dans son histoire. Choix premier succédant à la prise de vue, choix ensuite pour répondre au besoin du blog. Ce dernier choix suppose une redécouverte de l’image, un deuxième lever de rideau, une plongée pour elle dans le monde des vivants où elle peut s’exprimer, jouer les chefs de file.

Le choix se détermine je ne sais réellement pas à partir de quoi.  Il se précise et s’impose à un moment donné, à un moment qui m’est donné: la photo possède un indice particulier, une esthétique mobilisatrice devant  le regard de la redécouverte; elle établit une résonnance efficace avec l’état d’esprit du moment, l’envie, l’humeur, la perméabilité latente à un type d’image, d’émotions, de réflexion. 

Le spectateur en moi semble alors s'imposer sans réelle considération pour le photographe. Mais peut être l’image choisie est-elle une image que ce dernier n'a pu réellement oublier depuis la prise de vue; une image qui aurait cheminé en souterraine pour s’imposer d’un coup après des années de silence comme ces insectes qui apparaissent soudainement en surface après un séjour sous la terre. Elle apparaît, réapparaît.

  A qui s'adresse-t-elle alors cette image, à un moi ancien, celui qui a vu, déclenché, gravé, ou à un moi nouveau et différent qui retravaille par les mots le caché de la perception, découvre sans redécouvrir ? Un moi nouveau qui se rajoute au premier en surimpression. Un moi ancien revitalisé qui se secoue en secouant l’image ?

Dans tous les cas, deux facettes, deux langages, une plus réflexive que l’autre, une plus émotionnelle que l'autre? la picturale plus émotionnelle, l'écrite plus réflexive? 

L’antériorité de l’image ne permet pas d'affirmer de telles caractéristiques.

Le texte peut être réflexif comme profondément intuitif. D'ailleurs, que signifierait réellement réflexif dans ce contexte? Une lecture métaphorique de l’image, symbolique, une généralisation et un point de départ vers l’abstraction, une identification de concepts d’après indices visuels ? En partie, comme en partie aussi le travail mental basé librement sur le cheminement des associations mentales.


Simplement il me semble que l’ajout d’un texte à une image tient de la volonté d’approfondir le sujet traité visuellement. Sans que cet approfondissement tienne de l’explication, du commentaire orienté, de la clarification. Il est une précision, un élément d’un dialogue entre moi et moi, un retour sur soi (c’est seulement en ce sens que le mot réflexif convient).

L’image ne me suffirait pas. Le texte ne me suffirait pas. Les moi s’affrontent sans se détruire, ce complètent sans s’exclure, se dynamisent sans se neutraliser pour tenter de se construire et faire construire un complexe image-texte.


Mon profil droit est légèrement différent de mon profil gauche. Ceci  s’illustre de bien des façons. Le blog n’ est qu’un exemple de ma dualité, de ma pluralité. Une pluralité complexifiée par la construction kaléidoscopique du blog où chaque « article » est unique et se trouve coupé des autres articles, même si, parfois, des séries peuvent se construire après coup.

Présentation

  • : Dialogue entre photographies et textes courts
  • : littérature photographie Poésie Littérature
  • : 20/09/2007
  • : Textes et photographies déposés sur http://www.copyrightfrance.com

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