Venue d'un visage (2)
Un temps gris met nos ombres dos au mur. Longtemps avant, un temps gris, un homme gris, ont mis les hommes dos au mur. Tant de gris mûr pour un seul homme alors, tant de gris sûr pour faire coucher les hommes, comme un seul, pour un seul, pour un seul gris dans une seule nuit. Même si, malgré ce tout alors, demeurait la certitude des couleurs forgée au feu des poings, la fille des linceuls troués de liberté. Beaucoup plus tard, trop tard aussi, un jour de monument dressé plus haut qu'un mur, un azur a muré ces morsures assassines. Alors... peut-être... Non?
Tes yeux sont partout. Derrière tous ceux qu'on ne voit pas, derrière chaque écran, chaque fumée, chaque trouble. Derrière chaque image renvoyée. Ils sont là, à l'affût, affutés et brillants. Ils sont détachement, orgueil, ironie. Ils sont partout ; je ne peux être nulle part.

