Droit de cité
Passage en forme
Avec des "si" je scinde les longs discours.
Si j'entrevois le mur qui n'est plus un mur,
si j'entrevois des arbres qui ne sont plus des arbres,
je serre de près cette frontière de mur-arbres, ce front dur de chimère au bois vivant sa génétique neuve.
Arbre-mur dressé dans l'hybride en un seul patrimoine, la ferraille de ses branches arbore un chantier de ciment nervuré.
Si avec des "si" je scinde les longs discours, je prends des i-mages de ce monde qui peu à peu emporte tout.
Car j'avale moins que je ne crache l'embrigadement des arbres dans la section carrée, la chlorophylle à la plastique dure et pas assez craquante comme tout le métal mordant des bouches trop rangées et vite refermées.
Sur le goudron mon pas mis à nu comme un os foule un peu trop souvent le lisse des esprits tronçonnés.
Droit de cité
Par le fer
Parfois un esprit à la poigne de fer faussement léger volète et brille en abordant les villes.
Son humeur d'extrémité froide poudre pareillement les êtres, les songes et les décisions des hommes, les organes et la croissance des arbres.
Il pose ici et là paroles, casques, écailles de monstres, et gestes qui les accompagnent.
Tous ainsi pétrifiés de métal se tiendront bien droits dans les périples des grandes cités.
Drot de cité
Vol annulé
Je suis face aux choses droites qui dictent et imposent une ligne.
Parfois mon sang refuse, réchauffe un peu trop mes écarts ; des ailes germent de mes anciens vols.
Parfois, sans vraiment renoncer, l'indifférence se fiche dans ma peau, la transparence dissout mes élans ; je demeure raturé de fer comme certains arbres dans la ville.
Droit de cité
Silence on tourne
Les arbres, les fenêtres.
Les arbres dressés, nus face aux fenêtres écarquillées qui défilent.
Leur enlacement colle à la peau frémissante de chaque graine d'image.
Alors moi, lecteur d'images, pour une fois j'hésite.
Arbres-objets ? La ville déshabille les arbres, les décortique petit bout par petit bout jusqu'au résidu sec de leur ultime humiliation, du refus de l'essence de leur vraie existence ?
Arbres séducteurs ? les arbres fendus de sourires ont le levier bien en main pour capturer la ville. Une leçon de vivant pour faire saisir l'esprit unique de leurs corps?
J'hésite mais j'ai déjà choisi. L'arbre, ce séducteur à défendre, m'a conquis bien avant les autres.
Thoracique
De loin, l'arbre, l'immeuble, se déploient avec hauteur.
Alors je grimpe sans compter, quatre par quatre.
Le cœur à la bouche martèle l'espoir pour qu'ensemble ils ouvrent grand, entre eux, toutes les portes possibles.
Authentique, photosynthétique, l'arbre demeure l'axe thoracique, le déroulé vertébral de toute respiration.
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