droit de cite
Droit de cité
Le goût de l'altitude
Quand au coin d'une rue deux grands arbres tendus créent l'infini et embrassent le monde, toute raison laisse aux corps le cœur de son absence.
Au front de chaque mur s'ouvre pour tous les arbres le souhait d'un ailleurs caressant. Des appels bourdonnent, vibrent d'une nouvelle traversée.
Epars et sans limite, les mots de nous tous accordent haut la voute sonore d'une seule bouche rieuse.
Droit de cité
Mots d’emprunt
Les hommes parlent parfois avec des mots d’arbre.
Certains égrènent en écrivant une langue parfois chargée, franchement verte, d'autres se servent d'une langue de bois en espérant qu’elle porte ses fruits, d'autres encore prononcent des paroles branchées qu'ils écrivent en gros sur une feuille, mais tous racontent et parlent de leurs racines avant d'être mis en terre.
Mots que je souhaiterais d’écoute, d’entente, en phrases lianes des mains serrées, libres et amicalement attachées. Ils le sont pour certains hommes. L’attache des mots alors parfois en taches sur le mur. Mur d’encre et de sève.
Le fluide d’un tel contact a la souplesse colorée d’une porte vivante grande ouverte.
Droit de cité
Travers
Incliné sans s'incliner, l'arbre, mis à la porte, se penche sur ses droits, taille des obliques aux bons chemins qui passent.
En force pour la folie douce
avec dans le "f" un plus de feu ardent
dans le "o" un désir vrai d'étreindre
de dire haut en boucle avec le "l"
ce "i" de nudité sanguine
ce "e" à qui être muet ne dit plus rien.
L'arbre à la porte taille des obliques
prend tous les droits, survole les chemins.
Droit de cité
Croire
Poussières, cendres, leur couleur sème, parle à tous d'un ton sec.
Dans la ville, les esprits, les feuilles se froissent parfois.
Ils se ferment sur toutes les soifs, négocient au rythme ralenti d'un goutte à goutte.
Mais le profond dans son noyau magique, cet élixir cristal attaché à nos êtres d'où peuvent renaître nos racines une à une, ce profond-là espère, dans chaque pulsation, l'onde fraîche d'une lointaine évasion.
Droit de cité
Ecoute bien
Une bordée de murs couche même les ombres.
La colère des arbres déborde. L'écume aux lèvres de ses fûts, elle marche vent debout au pas crochu des hélices branchues de ses vaisseaux.
L'ordre de bataille est donné.
Mais là aussi, sur le mur, un vertige, un souffle d'incrédulité, le ruissellement d'un feuillage, la bascule en longues caresses des horizons de l'ombre chatouilleuse.
Une lumière chuchote à l'oreille. Le plan minéral brille, parle flou d'un désir chevelure, d'une chute cambrée en légers pointillés.
Tout mouvement approché est alors un réel trait d'union.
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