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Océan boulevard

4 Septembre 2016 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Groupe 9: Océan boulevard

 

"Océan boulevard" est constituée de deux parties qui ne sont pas publiées l'une à la suite de l'autre dans le blog. Pour visualiser l'ensemble, se référer à la colonne de droite ou suivre le lien interne ci-dessous.

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Océan boulevard (1)

4 Septembre 2016 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Groupe 9: Océan boulevard

Océan boulevard: première partie

 

Le sable nait de la coquille brisée du vent, de la roche amoureuse qui roule avec la mer, de la force et du désir, de l'eau et de la terre.

Les maisons le savent, les maisons l'attendent. Chaque hiver il est là,  il les serre, les borde, les berce et les réchauffe. Seul, chaque année, il remplace les hommes partis on ne sait où. C'est un fluide, une mouvance chaude, de cette chaleur douce que donne la mer quand elle veut garder et sauver. Le sable aidera les maisons, conservera pour les hommes les traces et les gestes, les paroles et les élans, les bonheurs et les angoisses, tout ce qui passe et s'enlise, tout ce que l'on souhaite ou non retenir et réapprendre, tout ce qu'on maintient ou extirpe de sa vie.

Le sable garde les traces, les passages. Non à sa surface, la surface n'est pas la peau, elle n'est rien; la surface est une aire où se battent les forces, l'hiver avec un reste d'été, la pluie contre un reflet de chaleur, le grain contre l'endormissement des nuages. Le temps y file en criant et fouettant à tout rompre. Non, le sable, c'est par en dessous qu'il faut l'approcher, le voir. C'est dans le profond de sa chair que se façonne le contact avec les traces abandonnées. C'est là qu'est sa tendresse, son attention, c'est là que se déroule l'alchimie du temps, ce temps qu'il soigne et berce longuement.

Dessous, le sable endort, veille, surveille; un marchand de sommeil pour qui chaque chose ne doit rien oublier d'elle même. Grain à grain, le temps s'arrête, se love, sédimente; temps fossile à l'oeil de momie, cyclone apaisé sur son cercle parfait. Le temps ne passe plus et se passe de tout. Oublié le sablier sous le sable.

Dans ce temps là, pendant ce temps là, tout  reste bien à sa place. Tout est en ordre dans la matrice, dans ce château souterrain qui enchante. Tous les cris, toutes les pensées des hommes, tous les objets marins et leur voix marine. Tout. La grande sableuse conserve et ne fauche rien. Dehors le roulement des vagues, le roulement de sablier, le roulement agité entre ciel et mer. Dessous, le sable, grains de calme et de sagesse, rend, lui,  son sablier pour poser un regard tranquille sur un  temps survivant affutant dans la paix de ses songes les germes d'une prochaine renaissance.

Dessous. Je me glisse, me faufile, grain après grain. Une avancée à rebours, une descente dans la remontée du temps.  Dessous, la pression du temps n'existe plus, demeure un fluide tiède et accueillant, un ensemble de visions stables et tranquilles. Je le sens sans le voir le passé est là, tout est là, transformé. Le sable le remplit, le sable le presse, le sable le divise, le désagrège. Le temps est une multitude d'instants passés isolés, collés les uns aux autres, serrés. Une métamorphose qui le maintient dans une  hibernation tranquille. Un temps cristallisé qui coule,  se coule en grains serrés. Des grains qui bougent les uns contre les autres imperceptiblement. Des mouvements de fluides lents qui modèlent et rassurent sa mémoire, rotation de frôlements ou contacts appuyés; une définition parfaite d'un érotisme du temps et de ses réminiscences. C'est dans cet amour que se tient la mémoire, c'est dans les matières de cet amour que se tient le passé.

C'est de là qu'il renaîtra un jour d'un coup de soleil haut et de venue des hommes. A partir de cette constellation de grains d'instants et de ses codes infinis, tout se reconstituera, tout se remodèlera, le sable laissera faire, laissera fuir, la matière et ses sens, ses contenus de langue familière et la métamorphose retournée comme un gant laissera dans sa main ouverte le passé retrouvé. Le sable, lui,  reprendra sa transhumance fluide. Il s'épanchera, se coulera vers la mer, roulera en écumant dans la vague des retrouvailles,  joyeux dans la dispersion et la fusion aqueuse, ses éléments emmêlés prêts à recommencer, prêts à se donner au galop du temps, ce temps qui voyage tout près du soleil pour chauffer en passant la grande étendue de tous ses battements.  

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Océan boulevard (2)

4 Septembre 2016 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Groupe 9: Océan boulevard

Océan boulevard (2)
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Océan boulevard (3)

4 Septembre 2016 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Groupe 9: Océan boulevard

Océan boulevard (3)
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Océan boulevard (4)

4 Septembre 2016 , Rédigé par Jean-Louis Bec Publié dans #Groupe 9: Océan boulevard

Océan boulevard (4)
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